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Noël 26 décembre 2018 Mulhouse

     Nous voici à l'aurore du salut de l'humanité. Ses prémices, c'est à dire le temps de l'Avent, nous en ont rappelé les prophéties et comme Abraham nous nous sommes mis en route vers notre terre promise. Comme les bergers à l'appel des anges,comme les mages guidés par l’étoile nous avons cheminé jusqu'à ce lieu , jusqu'à ce « contenant qui contient l'incontenable », l'Enfant-Dieu, et nous voici devant la crèche à contempler ce mystère.

Dieu s'incarne, non pas comme le « Deus ex machina » des grecs, il ne prend pas non plus une apparence humaine, non, Lui le créateur de l'humanité pénètre sa création dans ce qu'elle a de plus intime pour totalement l'assumer et se présenter à elle, homme parmi les hommes. Pour cela Il apparaîtra aux hommes comme tout homme apparaît : dans l’extrême fragilité et la dépendance d'un nouveau né.

Comme le dit si bien St Irénée, « Dieu s'est fait homme pour que l'homme devienne dieu ». Qu'ajouter à cela ? C'est si admirablement résumé ! Nous pouvons nous redire cela tous les ans, comme nous refaisons les mêmes discours pour Pâques l'Ascension ou la Pentecôte, nous réjouir, mettre notre mouchoir dessus et passer à autre chose.

L’Église n'a pas pérennisé les cycles liturgiques uniquement pour nous rafraîchir la mémoire. Elle nous demande autre chose. Elle nous demande non pas de faire du neuf avec de l'ancien elle nous demande de garder, de surveiller et de sans cesse, avec l'aide de l'Esprit Saint, revitaliser, le dépôt qui nous a été confié par les apôtres.

J'ai parlé de contempler un mystère. Le contempler ou le pénétrer, ce n'est pas assister à un spectacle, en décortiquer le scenario ou le texte, c'est devenir participant de ce mystère, c'est le connaître au sens de « naître avec », c'est le faire sien, c'est en faire une base inébranlable de notre foi, le roc sur lequel on peut construire sa maison.

Si nous sommes participants de ce mystère, et pour cause, puisque nous sommes les premiers concernés, nous y avons un rôle.

Est-ce celui du berger ? C'est un être plutôt frustre, qui ne se pose pas trop de questions, assez terre à terre, mais qui s'émerveille de ce que les anges les appellent parce qu'un enfant naît, car lui qui assiste ses agnelles quand elle mettent bas, il connaît le prix de la vie.

Est-ce celui des mages, ces hommes de sciences, ces quêteurs du savoir, de la vérité, dont on peut dire qu'ils représentent les civilisations dans ce qu'elles ont de plus pointu.

Est-ce celui de Joseph, le juste qui se fie à Dieu quelles qu'en soient les conséquences.

Et dans ce rôle qu'elle est notre attitude ? Il est dit « le bœuf connaît son maître et l'âne la mangeoire de son maître ». L'attitude de l'âne qui est là parce que c'est là qu'on distribue le picotin, comme un acteur qui ne joue son rôle que pour toucher son cachet ? Ou bien le bœuf, parce qu'il se laisse aller en confiance.

Ne sommes nous pas tout cela en même temps ? C'est pour cela que l'approche du mystère demande une purification, le dépouillement des conditionnements.

Et Marie, dans tout cela ? Elle qui a tissé en son sein la nature humaine du Rédempteur, elle est à la fois la personne la plus présente et en même temps la plus discrète dans ce mystère. La plus présente parce que d'une certaine manière elle résume les trois modèles humains présents. Elle aide Dieu à accoucher de son humanité comme le berger aide ses agnelles, Elle se place dans la justesse comme Joseph par son « fiat » (son oui lors de l'Annonciation) et les conséquences de ce oui, et comme les mages elle récapitule tout dans son cœur. Elle est la plus discrète parce qu'elle ne se glorifie de rien et laisse son enfant à sa destinée en se détournant symboliquement de lui. Elle est la plus discrète aussi parce qu'elle s'efface devant l'humanité en lui offrant sa plus grande joie, son plus grand bonheur, sa plus belle raison d'être. Elle offre à l'humanité, c'est à dire à nous tous communément et à chacun en particulier de devenir Mère de Dieu.

A notre Dieu soient gloire, honneur, louanges et adoration aux siècle des siècles.

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