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Art de vivre

  • Pâques 2019

    Christ est ressuscité !

     

    Le Verbe fait chair, par sa résurrection, précipite l'humanité dans une dimension cosmique bien plus extraordinaire que ce que nous avions pensé et cru.

    La nuit est devenue lumineuse, le temps est aboli et fait place à l'éternité, la matière se spiritualise, l'homme transfiguré s'élance vers la divinité.

    Nous avions la promesse, annoncée depuis des temps immémoriaux, que Dieu abolirait la mort et son cortège de déchéances, fruits du péché ; promesse faite par le Christ Lui-même à ses apôtres. Promesse effective en acte et préfiguration , que ce soit la fille de Jaïre ou Lazare, le Christ les ramène à la vie, mais Il ne leur accorde pas la vie éternelle.

    Le Christ, qui résume l'humanité par son incarnation, doit Lui-même expérimenter la mort et la vaincre par sa résurrection pour offrir à toute l'humanité, depuis notre premier père, Adam, jusqu'à ceux qui seront là au temps que Dieu aura choisi pour son retour, la vie éternelle. Il vide les enfers , en payant tribut à Satan par sa mort mais sans le rétribuer.

    Nous qui savons ce qui s'est passé, avons beaucoup de mal à comprendre la réaction des apôtres. Ce qui nous semble évident, puisque c'est le fondement de notre foi, leur était incompréhensible, jusqu'à ce qu'ils retrouvent, rencontrent, expérimentent le Christ ressuscité ; ils ont retrouvé l'homme, ils ont rencontré Dieu, ils ont expérimenté l'homme déifié.

    C'est le deuxième temps du salut de l'humanité ; la mort-résurrection du Christ, est à mi-chemin du parcours que fait Dieu pour ramener l'humanité à Lui. Hier, l'Incarnation, aujourd'hui la Résurrection, demain la Pentecôte. J'ai bien dit ramené ; hier Dieu a tendu la main à l'homme, aujourd'hui Il lui prouve Sa divinité, qu'Il est le Dieu de la vie, et non de la mort, demain Il en fera un participant de Sa divinité.

    La Mère des vivants, Eve, a précipité l'humanité dans le péché, dans l'oubli de Dieu. Dieu va venir rechercher l'humanité,en se fondant en elle, grâce à Marie qui va Lui tisser un corps dès son fiat, son oui libre et confiant. La Nouvelle Eve, qui n'a jamais dit oui au péché, efface la faute de la première. Et c'est encore une femme, une pécheresse repentie, qui est choisie pour annoncer la Résurrection aux apôtres. En ces trois femmes,toute l'humanité, tout un chacun se retrouve.

    Nous qui avons péché, nous qui avons saisie la main tendue par le Christ et l'avons accompagné dans sa Passion, nous aussi, comme Marie de Magdala, allons annoncer à nos frères la Résurrection. Et que tous se réjouissent, car c'est toute l'humanité qui est appelée à partager cette nouvelle, la Bonne Nouvelle.

    Cette joie pascale, nous devons la crier sur les toits, la clamer sur les routes, la chanter en toute occasion, car il n'est pas de plus beau message pour l'humanité que de dire à son frère et aussi à toute la Création quia coopéré avec Dieu pour notre salut, « Par mort Il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux Il a donné la vie ! »

     Oui, nous réjouir, et pardonner, car devant un tel événement, devant une telle lumière il ne saurait exister une part d'ombre, pas même l'idée de l'ombre.

    Conservons bien en nous, quelques soient les circonstances, l'extraordinaire message de la Bonne Nouvelle : Christ est ressuscité !

    A notre Dieu soient honneurs, louanges et gloire aux siècles des siècles.

  • Samedi 06/04/19 Paris

    Jean 8 (12-20)

     

    Je suis la lumière du monde…

    Le Christ s’est déjà présenté comme étant l’eau vive et le pain de vie ; maintenant il se présente

    comme la lumière du monde.

    Ces mots nous rappellent le Prologue de Jean «…et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point saisie. » Oui, la lumière est la vie, et le Christ prononce ces mots dans la chambre du trésor, là où sont amassées les richesses du temple. Mais qu’étaient ces richesses auprès du vrai trésor qu’est la vie ? Le temple a été détruit, ses richesses pillées, tout a disparu. Le Christ a été crucifié, sa vie offerte mais rien de lui n’a disparu parce qu’il nous a donné de participer à la vie éternelle, seul bien impérissable et accessible à tous.

    Cette lumière qu’irradie le Verbe créateur et que les apôtres verront lors de la Transfiguration, la lumière incréé masquée par son humanité parce que les hommes ne sont pas encore prêts à la voir, à la recevoir ou plus exactement la retrouver, cette cette lumière qui habillait l'homme avant la chute.

    Lumière nécessaire à l’homme qui en a besoin pour vivre ; les astres créés par Dieu ne sont plus que le reflet, comme toute créature que l’homme a entraîné dans sa chute, de leur ancienne splendeur.

    Et cette lumière déchue est ténèbres auprès de la vraie lumière qui est Dieu.

    Cette lumière est tellement vitale pour l’homme qu’il va la créer, sous forme de feu, puis d’incandescence puis sans doute trouvera-t-il encore d’autres manières de parodier cette lumière qui lui manque tant et dans laquelle il se réfugie plus par peur des ténèbres extérieures qui l’invitent à se confronter à ses propres ténèbres intérieures. Ces ténèbres où l'homme ne réfléchit que sa médiocrité et sa prétention, même lorsqu'il pousse sa quête aux limites de son humanité.

    Lumière que nous rappellent ces veilleuses dans ce temple la seule vraie lumière qui est celui à qui nous communierons, celui qui nous demande d’être aussi la lumière du monde.

    Ténèbres du séjour des morts où nous devons laisser ceux qui nous sont chers, si nous ne nous occupons pas leur apporter par la prière notre foi en la résurrection, la lumineuse nuit de Pâques que nous préparons à fêter.

    Vous avez entendus le texte d’Isaïe « Voici ce que dit le Seigneur… à ceux qui baignent dans les ténèbres : venez à la lumière ! »

    Venez à la lumière, soit ! Mais venons sans crainte, en toute confiance ; ouvrons nos cœurs et laissons-nous pénétrer de cette lumière qui nous restaurera dès ici-bas. Nous nous rendrons compte que nous étions comme l’aveugle dans sa nuit interminable, comme le sourd et le muet, étrangers à la beauté du Verbe, comme le paralytique qui ne peut, comme le vieillard Syméon prendre le Christ dans ses bras et lui dire « Lumière qui se révèle aux nations et la gloire de ton peuple Israël » , ou courir annoncer la Bonne Nouvelle.

    Lumière de la Sagesse qui guide le monde vers la déification.

    Dieu en nous créant nous a revêtu de lumière pour participer à sa divinité et le Verbe, Lumière de Lumière, a endossé notre chair déchu, a traversé l'opacité du monde pour nous ramener vers le Père qui désire toujours et plus que jamais, depuis que l'humanité est assise à sa droite, en la personne du Christ ressuscité, à nous rétablir dans notre première beauté.

    A notre Dieu soient honneur louange et gloire aux siècles des siècles.

  • 4ème dimanche de carême 31/03/19

    Laetare – La multiplication des pains

    Jean 6 (1-15)

     

    Que nous apprend la multiplication des pains ?

    Nous avons une longue tradition et de nombreux écrits pour nous aider à comprendre ce que fait le Christ à ce moment-là. Nous savons tous qu'il s'agit d'une préfiguration de l'Eucharistie.

    Nous pouvons aussi y voir, par extension, une préfiguration de la liturgie ; c'est aussi un écho à Cana où le Christ changea l'eau en vin.

     

    Une foule est là, qui écoute le Christ et le suit ; un ensemble d'anonymes qui a soif de merveilleux. C'est déjà un miracle en soi, qu'une personne puisse autant guérir et apporter des consolations ; c'est merveilleux de ne plus être abandonné à sa misère quand l'élite du pays a démissionné et s'est donnée à l'occupant romain. Cette foule qui le suit depuis plusieurs jours, a épuisé ses réserves et n'a plus rien pour se rassasier, mais elle espère que ce doux Rabbi aux mains miraculeuses fera quelque chose, sinon, déçue, elle le laissera.

    Les disciples ont compris la pénurie qui guette cette foule, ils s'en rendent compte. Le Christ, lui, le sait. D'où ce dialogue entre le Christ et Philippe. Contrairement aux synoptiques qui décrivent un dialogue initié par les apôtres, Jean mentionne simplement la question que le Christ pose à Philippe.

    Certaines traductions disent que le Christ tenta Philippe. Tenter ou éprouver sont les deux sens du même mot en grec. Gardons éprouver ou mettre à l'épreuve, car ici on introduit une prise de conscience d'une réalité à laquelle on est confronté. Une tentation n'est pas nécessairement une réalité, alors qu'une épreuve s'inscrit dans la chair et finit, qu'elle qu'en soit l'issue, par faire corps avec la personne.

    « Où pourrions-nous acheter du pain pour que ces gens aient à manger ? » C'est presque une provocation, tout le monde a bien vu qu'il n'y a rien aux alentours. En fait, il s'agit de faire comprendre à Philippe et aux apôtres que ce qui nourrit, n'est pas quelque chose qui s'achète, mais se donne. Si Philippe avait assisté à la conversation du Christ et de la Samaritaine, il aurait peut-être compris ce qu'était le don de Dieu,car c'est bien de ce don qu'il s'agit.Mais Philippe était parti dans cette ville de Samarie pour acheter de la nourriture.

    Oui, le premier enseignement de ce texte, c'est la notion de don. Elle se renforce et monte en puissance par la présence d'un enfant qui possède 5 pains et 2 poissons. Des pains d'orge, le pain de pauvres. On ne les lui prend pas, il les donne. Et parce qu'au départ il y a don, alors il peut y avoir multiplication. Parce que la créature a fait un geste, alors le Créateur abonde. N'est fécond que ce qui est offert ; ce qui est gardé par devers soi est stérile, ce qui est retenu empêche la vie de s'écouler, de se répandre, de féconder et se voue à la mort.

    Gratuité d'un seul, satiété pour tous. Ceux qui ont profité de cette multiplication, ont-ils compris ce qui se passait ? Il faudra plus tard que le Christ dise lui-même qu'il est le Pain de Vie, mais une fois de plus bien peu comprendront. Ils ont été rassasié, il ont encore eu du merveilleux comme ils l'aime et cela leur suffit dans l'immédiat ; pourtant certains pensent, quel formidable roi d'Israël cela ferait! La tentation magique est toujours là.

    Le Christ a refusé de transformer des pierres en pain au désert, ici il refuse de faire quoi que ce soit que l'homme ne lui propose . Sans cet enfant et son maigre avoir, il n'y aurait sans doute pas eu ce miracle.

    On a beaucoup écrit, et fort peu de fois, d’heureuse manière sur ces chiffres qui font le plaisir des numérologues, 5000, 12, 5, 2, . L'abondance de cette littérature nous apporte peu de chose et bien souvent nous détourne de l'essentiel. Retenons cependant le 12 qui par sa rondeur, sa résonance nous apporte une plénitude ; c'est le double des 6 jarres de Cana . A Cana Marie dit « ils n'ont plus de vin », ici, « il n'y a que 5 pains d'orge et 2 poissons » A Cana les invités ont soif, ici ils ont faim. Aucun de ceux de Cana ou d'ici ne peuvent mettre un nom sur leur besoin. Il leur faudra attendre la Pentecôte pour identifier ce désir de nourriture spirituelle. Ils ont soif et faim de Dieu, mais ils ne le savent pas encore.

    Jean est le seul, dans ce récit à rapporter cet ordre du Christ : « Rassemblez les morceaux qui restent afin que pas un ne soit perdu » ; il n'est pas ici question de gaspillage de nourriture mais de gaspillage de vie. Dans sa prière sacerdotale, le Christ pourra dire à son Père «  De tous ceux que Tu m'as donné, je n'en ai perdu aucun ». Ces 12 corbeilles et les restes qu'elle contiennent représente la Nouvelle Israël. L'ancienne Alliance accueillant la gentilité pour devenir la Nouvelle Alliance.

    Quand nous célébrons les Saints Mystères, nous sommes dans la même dramaturgie que celle de la multiplication des pains, dramaturgie qui aura son expression la plus élevée dans la Sainte Cène où le don sera encore plus grand et plus parfait.

    J'invite chacun de nous, en ce temps de carême, à secouer le poids de l'habitude, à regarder, à épurer cette faim et cette soif de Dieu, à faire comme Philippe poussé par l'interrogation du Christ, à mettre à jour ce questionnement intérieur.

    Je vous invite à prendre conscience de cette fragmentation que nous sommes du Corps Mystique, à éprouver l'authenticité de notre désir d'être ces morceaux rassemblés en un seul Corps et dont pas un seul ne doit être perdu.

     

    A note Dieu, soient louanges, gloire et adoration aux siècles des siècles.

  • Deuxième dimanche de carême

    La Lumière incréée

    Mt 17 (1-9)

    Ce n'est pas la transfiguration que nous fêtons aujourd'hui mais en ce début de carême, après avoir proclamé le triomphe de l'Orthodoxie, nous proclamons une autre doxa, celle de la lumière incréée, et nous y ajoutons la mémoire de son défenseur, pour ne pas dire son apôtre, St Grégoire Palamas.

     

    Ce récit est commun à Matthieu, Luc et Marc. Jean, pourtant présent avec son frère n'en parle pas, mais nous savons qu'il y a débat sur l'identité du rédacteur du quatrième Évangile.

    Le Christ prend trois de ses disciples et se retire sur une montagne et là, il est transfiguré. Transfiguration est la traduction latine du grec "métamophosis", métamorphose, c'est à dire transformation, changement de forme, d'aspect. Forme et substance sont deux aspects d'un être. L'un peut-il changer sans que l'autre en soit affecté ? Les philosophes ont longtemps débattu sur ce sujet et sans doute débattent-ils encore. Les théologiens ont tranché très tôt. Qu'il nous suffise de penser à la communion, à la transsubstantiation, où la substance change mais non la forme, et ici dans ce cas où la forme seule change.

    Le Christ subit un changement de forme sans que son apparence humaine soit détruite, révélant sa divinité. Mieux, « l'humanité du Christ est le moyen par lequel sa présence divine est manifestée » (cf Gérald Bray in Evangel, revue de la Rutheford House, janvier 1983)

    Non seulement la séparation homme Dieu est abolie, mais le Christ nous offre un bref aperçu de la vie future. L'homme peut expérimenter Dieu jusque dans son corps. Cette transfiguration sera pour tous et aussi pour nos œuvres comme en témoigne le changement de couleur du vêtement , l'objet qui dans cette scène symbolise la civilisation.

    Sont présents Moïse, qui représente la Loi et Elie qui représente les Prophètes. Moïse est celui qui libère Israël de l'esclavage et le pousse vers Dieu et Elie celui qui fait le constat de l'incapacité de l'homme à pénétrer les mystères et l'intimité divine.Le Christ au milieu d'eux devient le trait d'union qui les relie, Il est celui qui les résume et résout leur antinomie par son incarnation

     

    « Dieu est lumière et ceux qu'Il rend dignes de le voir le voient comme une lumière...Ceux qui n'ont pas vu cette lumière, n'ont pas vu Dieu, car Dieu est lumière » (Grégoire Palamas)

     

    Cette lumière qui métamorphose est définie par Grégoire Palamas comme étant une énergie incréée, puisque divine. Il définit la nature divine comme étant d'une part inaccessible et inconnaissable quant à son essence mais "participable" par ses énergies dans et par lesquelles Dieu se fait connaître et se donne. Si l'homme ne pouvait pas voir cette lumière déifiante, il ne pourrait jamais entrer en communication avec Dieu et Dieu resterait extérieur à l'homme. Alors à quoi bon l'Incarnation s'il n'y a pas de déification possible. C'est encore un point dogmatique qui nous sépare des romains et des protestants.

    Sans doute le chemin est-il long pour parvenir à cette vision de Dieu. Cela suppose une ascèse rigoureuse et qui ne se limite pas seulement au carême. De nombreux saints nous montrent que ce n'est pas impossible, parmi eux, St Syméon le nouveau théologien, plus près de nous, St Séraphin de Sarov, peut-être même le Saint Curé d'Ars.

    C'est ce qu'on appelle une expérience de Dieu, parce que ce n'est pas un état dans lequel on puisse s'installer, comme voulait le faire Pierre lors de la Transfiguration du Christ, en voulant construire des tentes. J'ai presque envie de dire, une expérience apéritive. S'il était bon d'être là, à ce moment là, c'est bien parce que ce n'était qu'un moment, Dieu se laisse saisir, Il ne se laisse pas prendre, Il ne laisse pas sa créature s'habituer à Lui pour pouvoir la mener encore plus loin.

    A notre Dieu soient louanges, gloire et adoration aux siècles des siècles

     

     

  • samedi 5 janvier 2019

    Jn 10 :9-16

     

    En ce temps de Noël, nous essayons de pénétrer le mystère de l’Incarnation d’une manière différente de celle du temps de l’Avent. Nous ne sommes plus dans l’attente de la réalisation des prophéties qui nous annonçaient la venue du Messie ; il est né, il est là mais nous ne sommes pas plus avancés sur la connaissance de celui qui vient de naître. Comme ses contemporains, nous ne savons pas qui il est, qui il sera. Marie récapitulait tout dans son cœur ; tout comme Joseph, tout comme ceux présents à la crèche, même les anges, elle ne connaissait pas la suite de l’histoire ; nous 2000 ans plus tard, nous savons de par les Evangiles qui fut cet enfant, ce qu’il fit et comment les prophéties se sont réalisées.

    Jean dont l’Evangile ne cesse de proclamer le Verbe incarné, le Verbe vivifiant, nous livre la parabole du Bon Pasteur. Elle fait suite à la guérison de l’aveugle-né. Dans un premier temps le Christ parle du berger qui est le seul à pouvoir entrer par la porte dans la bergerie et de son rapport avec ses brebis, mais les pharisiens ne comprenant pas, il commentera sa parabole qui les laissera dans la perplexité et la perturbation. C’est ce commentaire que nous avons entendu en partie.

    Pour plus de clarté, il faudrait prendre le texte qui a été lu deux versets plus haut :

    « Et Jésus leur dit encore : En vérité, en vérité je vous le dis, c’est moi la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands ; mais les brebis ne les ont point écoutés. »

    Du départ d’Abraham de la ville d’Ur à la fondation de Jérusalem, Israël n’a cessé d’être un peuple nomade d’où l’importance dans les deux Testament de l’image du berger et de son troupeau.

    « Je suis la porte » sous entendu la porte des brebis. Il existait à Jérusalem la porte des brebis par laquelle entrait dans la ville les animaux voués aux holocaustes.

    A la campagne les pasteurs qui faisaient paître leurs troupeaux les parquaient la nuit dans un enclos fait d’un muret, avec une seule ouverture, la porte en travers de laquelle le berger se couchait, interdisant ainsi toute sortie ou toute intrusion.

    «  Je suis la porte ; si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera et sortira et trouvera de la pâture ». Autrement dit, par moi, le Père vous donnera ce que vous désirez. L’Esprit meut, le Fils est traversé, le Père révélé. De l’esprit par le Fils vers le Père. C’est la taxis de la première révélation de la Trinité au tout début du livre de la Genèse. C’est la vie qui est offerte comme aux premiers temps de la Création.

    « Comme mon Père me connaît, je connais mon Père » ; [c’est plus qu’une connaissance, ce n’est ni une interdépendance ni une relation fusionnelle. ] Je sais ce que veut mon Père et mon Père sait que je veux ce qu’Il veut, et ce que veut mon Père, je le fais, non par obéissance mais par amour ; pour que s’épanouisse son désir de voir revenir vers Lui ses créatures et pour cela il me faudra endosser la nature humaine du début jusqu’à la fin du parcours d’un homme.

    Le berger est prêt à tout pour ses brebis, il ne recule devant aucun sacrifice, il ira jusqu’à l’ultime sacrifice, le sacrifice de sa vie.

    Le salarié, ou le mercenaire suivant les traductions, représente les pharisiens et tout le monde des docteurs de la Loi qui n’ont pas su protéger le troupeau qui leur a été confié. Ils ont fui devant le loup, le prince de ce monde, en verrouillant la porte de la bergerie par cette Loi dont ils n’étaient que les dépositaires. Le loup peut alors semer la mort.

    « Je suis le bon berger, et je connais mes brebis et je suis connu d’elles » Dans le texte grec, ce n’est pas bon qui est écrit mais beau. Ce qui est beau c’est ce qui est harmonieux, équilibré. Le monde créé est harmonieux mais le péché a déséquilibré le monde. Le Christ vient pour restaurer cette beauté. Dans ce monde restauré les brebis ne sont plus un troupeau informe, collectif, impersonnel, non c’est un ensemble de personnes, uniques dont chacune est connue et aimée du berger, dont chacune connaît et aime le berger.

    «  J’ai d’autres brebis.. » nous en sommes ici la preuve. Notre nation a été baptisée, nos ancêtres se sont convertis et nous travaillons à ce qu’il n’y ait qu’un seul troupeau et un seul berger.

    A notre Dieu soient louanges, gloire et honneur aux siècles des siècles.